Une semaine à Wassadou : lundi

Durant mes dernières années d’études de médecine, j’ai eu la chance de passer 8 mois à la Maison médicale Pierre Favre à Wassadou, un village situé à environ 65 km après Tambacounda, sur la route nationale 7 allant à Kédougou.

Voici la chronique d’une semaine type dans une structure médicale rurale, jour par jour….

Lundi

7h, il faut se lever, le travail commence à 8h. Le temps de prendre un bain et d’avaler un ptit déj et hop, au bureau!!!

C’est un jour assez particulier ici, (et partout dans le monde je suppose), on a toujours beaucoup de patients, 40 à 65 en moyenne.
Il s’agit en général de malades qui ont traîné leur mal durant le week-end et qui nous arrivent à bout de force, parfois avec l’ultime espoir d’être enfin soulagé.
On a surtout des cas de palu, de gastro-entérite, beaucoup de rendez vous de contrôle (ils préfèrent venir le lundi).

Les hospitalisations du jour sont assez nombreuses, qui pour recevoir un traitement antipalustre par voie intraveineuse, qui pour surveiller une tension artérielle plutôt inquiétante ou une diarrhée rebelle.

Salle de consultation crédit photo Kinkeliba

En général, les patients sont libérés vers 17h, 2 ou 3 sont souvent retenus quelques jours.

A la maternité, Anne Marie la sage-femme assure ses consultations prénatales qu’elle envoie après examen au Dr Zida le médecin-chef pour une échographie en attendant qu’elle soit initiée à cet exercice.

Les femmes (consciencieuses) qui ont accouché à domicile durant le week-end à cause du manque criard de moyens de déplacement viennent donc se faire examiner avec leur bébé et en profiter pour se faire délivrer un certificat d’accouchement pour pouvoir déclarer leur enfant à l’état civil.

Vers 13h arrivent les premiers bobos : un coup de hache involontaire sur le pied lors des travaux champêtres ou un morceau de bois déchirant une cuisse en rasant d’un peu trop près une palissade. Leur prise en charge dans la salle de soins est immédiate: désinfection, sutures, pansement. M

Quand le cas est assez sérieux, les premiers soins sont assurés et le patient est évacué à l’Hôpital Régional de Tamba où le Dr Millogo est d’abord prévenu.

Le boulot fini en général vers 16-17h et impossible d’aller manger avant (vous voyez l’importance du ptit dej du lundi☺).

Les soirées sont relativement calmes, 2 ou 3 urgences maximum vers 18h ou 21h. On a alors le temps de se faire une petite séance cinéma en plein air avant l’extinction des feux à minuit.

Rendez-vous demain mardi inchallah pour la suite

Dr Abdoulaye Diop
Toubibadakar

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Coumba SENGHOR
Coumba SENGHOR
10 mois

Courage

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